Une double priorité : l'emploi et la lutte contre les gaspillages
Même si la situation de l'emploi en Haute-Saône apparait statistiquement meilleure qu'en France (8,8% au 3° trim 2010 selon INSEE, contre 9,3% en France Métropolitaine), on doit poursuivre les efforts pour offrir un emploi à chacun. D'autant que chacun sait ce que l'on trouve derrière ces chiffres : beaucoup de temps partiels subis, de précarité via les CDD ou l'intérim, un tassement des rémunérations ces dernières années, et une grande dépendance à un seul secteur économique : l'automobile.
Les enjeux de la lutte contre le chômage
Améliorer la situation de l'emploi, c'est limiter les charges sociales du département (notamment RSA), c'est réinsérer des gens dans la société, c'est supprimer du mal-être. C'est aussi lutter contre les déficits puisque les nouveaux travailleurs ne percevront plus les allocations chômages, cotiseront pour les régimes sociaux et les retraites, et paieront leurs impôts locaux et nationaux.
Le rôle du Conseil Général
A son niveau, le Conseil Général à un rôle important à jouer. En effet, il est le principal partenaire des collectivités locales dans leurs projets. En outre, il est lui même, directement (service du Département) ou indirectement (personnel des collèges, des maisons de retraites, des services sociaux) un acteur important de l'emploi.
En ce sens, la future majorité départementale doit s'engager à ce que chaque projet, chaque décision soit prise en priorisant non pas les économies à court terme (qui souvent se traduisent par des compressions d'effectifs), mais l'emploi d'une part, et l'atteinte des objectifs nationaux et internationaux en matière de lutte contre le réchauffement climatique et l'érosion de la bio-diversité.
Ces deux impératifs sont parfaitement conciliables, pour autant que l'on sorte des schémas classiques :
- On peut faire des économies autrement que sur les charges de personnel, en luttant contre les gaspillages : déperdition d'énergie dans les bâtiments, consommation d'eau, et surtout frais de transport (pour les employés, et les usagers).
- Créer une zone d'activité n'est pas la seule façon de créer de l'emploi. Cela ne génère pas forcément de nouvelles implantations d'entreprises. Il en faut, mais dans des endroits adaptés et bien desservies. Elles ne doivent pas juste servir de faire valoir à des élus locaux.
- L'industrie n'est pas le seul secteur capable, dans notre territoire, de créer de l'emploi. Tourisme, agriculture, sylviculture, énergies renouvelables, métiers de la rénovation, aide à la personne sont des gisements d'emplois considérables qui ne doivent pas être négligés par le Conseil Général. Nous y reviendront prochainement.
Nos propositions :
- Intégrer dans chaque décision d'investissement le coût transport que cela génèrera pour les usagers.
Exemple : une collectivité locale souhaite une aide pour la création d'un système de crèche. Il faut qu'elle fasse une étude comparative entre différentes solution d'implantation, en incluant un prévisionnel des coûts de transport pour les parents.
- Avant toute décision de suppression de poste sur un service public, et pourquoi pas dans une entreprise, pour motif d'économie, aider à un diagnostic sur les économies possibles sur le poste énergie. D'autant que l'on sait que son coût va augmenter fortement dans les années à venir.
- Il faut aussi prendre en compte le coût du "non emploi" pour la Société : si on supprime un poste, par exemple dans le cadre d'un regroupement de plusieurs maison de retraite, l'organisme va faire une économie. Mais combien va coûter à la société le chômeur supplémentaire ?
- Favoriser les structures de petites tailles, proche des utilisateurs. Elles sont peut-être plus gourmandes en effectif (à voir...), mais offrent un meilleur service à l'utilisateur, et sont bien plus économes en charges de fonctionnement énergétiques, et nécessitent moins de transports pour les usagers et le personnel. Et surtout, dans nos territoires ruraux, elles répartissent mieux l'activité économique.
Le Conseil Général doit varier sa politique économique, et afficher clairement une double priorité : oui à l'emploi, non aux gaspillages qui mettent en péril notre environnement. C'est une question de solidarité.