Et si on devenait locavore (en tous cas un peu plus) ?
Alors que le développement des circuits courts en alimentation (notamment vers la restauration collective) est l'un des axes forts de notre projet pour le département, je vous propose un petit coup de projecteur sur :
Le locavore
Qu’est-ce que cette nouvelle espèce, qui a fait son apparition en 2005 ? On connaissait les herbivores, les carnivores, les omnivores, …. Et voici les locavores !
Selon Wikipédia, le terme « locavore » a été inventé par Jessica Prentice de San Francisco à l'occasion de la journée mondiale de l’environnement qui a proposé aux résidents locaux d’essayer de manger seulement les aliments cultivés ou produits à l’intérieur d’un rayon de 160 à 200 kilomètres.
Le New Oxford American Dictionary a défini « locavore », comme étant une personne qui recherche des produits alimentaires locaux. « Locavore » fut le mot de l'année 2007.
L'adjectif locavore est entré dans le Larousse dans l'édition 2010.
Le mouvement « locavore » encourage les consommateurs à acheter des produits frais et de saison, à acheter sur les marchés et/ou aux agriculteurs locaux (dans les AMAP : association pour le maintien d’une agriculture paysanne, ou les cueillettes par exemple), à choisir leurs propres aliments, en faisant valoir la qualité du produit frais, des produits locaux, dont le goût est meilleur que celui du produit industriel. Locavore est également un acte respectueux de l’environnement, car l’expédition alimentaire sur de longues distances exige souvent plus de carburant pour le transport.
Adieu les fraises pour Noël, les tomates en février...
Eh oui ! C'est une habitude un peu catastrophique... pratiquement tous les fruits et légumes sont disponibles toute l'année dans les rayons des grands magasins. Mais, il se trouve que la nature étant ce qu'elle est, c'est à dire, divisée en saisons, il n'y a que deux solutions pour que ces produits arrivent dans nos assiettes hors saison : soit ils viennent de très loin par avion, soit ils sont en culture forcée dans des serres surchauffées. Dans les deux cas, leur bilan carbone est catastrophique !
Chez un "locavore", l'assiette est donc aux couleurs de la saison. Consommer des fruits et légumes de saison est un des moyens qui permet de réduire nos émissions de gaz à effet de serre liées à l'alimentation. Un fruit ou un légume produit et consommé localement nécessite 10 à 20 fois moins de pétrole pour son transport qu'un fruit importé de pays lointains.
Nos grands parents étaient des locavores sans le savoir. Ils se nourrissaient des produits du potager, faisaient des conserves, stockaient des pommes, des carottes, des pommes de terre, des betteraves à la cave. Ils élevaient des poules et des lapins. Leur santé était bonne et il y avait moins de cancers.
Notre vie d’aujourd’hui se prête difficilement à celle d’hier. Les citadins n’ont pas de jardin, ceux qui travaillent mènent une vie de fou et ont peu de temps à consacrer à l’élevage ou au jardinage. Cependant, il est possible d’encourager le maraichage, de se rendre sur le marché local, de questionner le boucher sur l’origine de la viande (vous serez surpris : souvent il achète auprès des producteurs locaux). L’idée serait aussi de développer les jardins municipaux à l’extérieur des villes, loués aux particuliers. A Berlin, la capitale de l’Allemagne, c’est même à l’intérieur des quartiers que ce sont développées ces pratiques, débutées avant la première guerre mondiale, pour permettre aux ouvriers de manger à leur faim.
Mais la principale résistance, c’est… vous, nous, moi…. Sommes-nous prêts à renoncer au café, au chocolat, à l’ananas Victoria ??? Voici un lien sur le noël d’un locavore, qui vous mettra l’eau à la bouche tout en vous montrant les limites de notre volonté.
Bon courage … et bon appétit !
(Merci à S. pour cet article)